Parenthood

PARENTHOOD de Ron Howard Un film avec Steve Martin qui parle de famille, clairement ça m'a fait peur sur le papier. Mais j...


PARENTHOOD
de Ron Howard

Un film avec Steve Martin qui parle de famille, clairement ça m'a fait peur sur le papier. Mais je me suis dite qu'il fallait donner sa chance au produit. Surtout car le maître des clés avait galéré pour le trouver la quette dans les solderies a été rude, puis parce qu'un film avec Keanu Reeves ça fait toujours plaisir. Quand j'ai vu le titre français «portrait caché d'une famille modèle» ça a provoqué une petite rechute. Mais,n'écoutant que notre courage on s'est mis devant et nous ne l'avons pas regretté.

Au lieu de vous parler du film, raconter son début ou le pitcher. Je vais vous faire un arbre généalogique dans les années 50 un couple décide de fonder une famille. Naîtrons successivement, une fille Helen, un garçon mal aimé Gil, Julie, puis Larry le dernier hyper protégé. A la fin des années 80. ils ont tous les quatre des enfants. Chacun fait face à son quotidien et à ses problèmes parentaux. C'est ainsi qu’après un divorce, un le père a décide d'oublier sa première famille, et que son jeune fils doit faire face à cet abandon; qu'une jeune fille veuille vivre son amour pleinement, que des enfants surprotégés aient du mal à s'adapter, qu'une poupée de quatre cinq ans soit entraînée par son père pour être le prochain petit génie du XXIe, et qu'un enfant pas désiré soit délaissé. Tout ceci dresse un tableau assez complet d'une société et de son rapport à la parentalité.

Ce film est une comédie, et une bonne. L'humour est avant tout situationnel. Jamais méchant, surtout provoqué par un décalage entre les réactions des enfants et les choix éducatifs des parents. C'est bien veillant. Le plus touchant étant Gil, qui pour améliorer l'estime de son fils, se met à entraîner son équipe de base ball, se transforme en cow boy et fait des cascades improbables. Ces moments sont drôles mais ne se départissent d'émotion. Car cet amour inconditionnel semblent pouvoir bouger des montagnes.
Le scénario est malin, il sait partir dans tous les sens, sans pour autant nous perdre ou oublier son fil conducteur. Nous suivons quatre cellules familiales, en fonction de nos sensibilités nous serons plus touchés par l'une ou par l'autre. Il y a une famille de trois enfants, un homme qui découvre qu'il a un enfant et qui le dépose chez ses parents, un couple avec un enfant auquel le mari se consacre en oubliant son épouse, et une femme qui élève seule un jeune ado qui se renferme chaque jour un peu plus et sa grande sœur sur le point d'entrer en fac et qui vit une histoire d'amour passionnelle avec un jeune homme qui a eu une enfance malmenée.

C'est ce dernier groupe qui nous a le plus touché. Helen qui est interprétée par Dianne Wiest, inspire la sympathie et bien qu'épuisée elle ne lâche rien. Elle est à la fois rayonnante, réconfortante. Julie est sa fille aînée, très rapidement va faire entrer dans son clan Tod l'homme qu'elle aime. C'est cette arrivée qui fera bouger les choses pour sa mère, et Gary son petit frère.
Julie est interprétée par Martha Plimpton. Elle oscille avec aisance entre colère et amour. Elle respire la force et l'assurance. Gary est le petit frère , il prend les traits du tout jeune Joaquin Phoenix. Il est extrêmement touchant avec sa bouille fermée et son regard fixant le sol. Puis éclatant de jeunesse, de fougue, et de bétises lorsqu'il commence à interagir avec son beau frère, Tod. Tod est joué par Keanu Reeves, personnage hyper attachant dans sa relation avec chacun des membres de sa famille et dans ce qu'il dit de son passé. Le tout est caché derrière une apparence de sombre idiot qui vole vite en éclat.


Si j'avais des bémols ils porteraient sur le scénario. Alors que ce film est chorale souhaitant montrer les différentes manières d’être parent ainsi que les concession qui vont de paire avec ça. La famille que l'on suit est très blanche, à l'exception d'un des enfants qui a un contexte de vie très différent des autres petitoux du film. Et ce que l'on dit de sa maman est dévalorisant.
Quant à la vision de la contraception elle est symbolisée avec une scène autour d'un diaphragme, gênante que ce soit pour ce que cela dit de la femme, et de son « désir » d'enfant, et de l'homme et ça volonté de contrôle.
idem au moment ou le scénario aborde l'avortement. la femme y tient toujours la même place. Ce qui permet finalement au couple de prendre une décision est dans un premier une analogie sur les manèges du plus ridicule, puis une situation parfaite pour une comédie mais qui ne peut pas être éclairante pendant un tel dilemme.

Au casting, il y a en plus des acteurs dont je vous ai déjà parlé. Steve Martin, clown sensible jusqu'au bout des ongles. Mary Steenburgen lui donne la réplique et équilibre ce couple virtuel. Rick Moranis est exquis dans le rôle de père qui pousse sa fille.
Puis il y a une armada de bouchons, tous plus attachants.

J'ai aimé ce film, qui est un instantané de la fin des années 80, ça ne correspond finalement que peu à ce que l'on vit aujourd'hui. Mais c'est drôle et les personnages sont vraiment attachants. C'est un moment sympathique !




La Vie des Autres

Au début des années 1980, en Allemagne de l'Est, l'auteur à succès Georg Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sie...



Au début des années 1980, en Allemagne de l'Est, l'auteur à succès Georg Dreyman et sa compagne, l'actrice Christa-Maria Sieland, sont considérés comme faisant partie de l'élite des intellectuels de l'Etat communiste, même si, secrètement, ils n'adhèrent aux idées du parti. Le Ministère de la Culture commence à s'intéresser à Christa et dépêche un agent secret, nommé Wiesler, ayant pour mission de l'observer. Tandis qu'il progresse dans l'enquête, le couple d'intellectuels le fascine de plus en plus...

La vie des autres – 31 Janvier 2007 – Réalisé par Florian Henckel von Donnersmarck

Que ça soit pour le cinéma ou pour toutes les autres choses, j'ai une confiance aveugle en ma chérie ! Alors parfois je rechigne, je chicane ou je rouspète à l'idée de découvrir certaines choses, mais malgré ça au final j'en ressors toujours enchanté. Car je découvre grâce à elle des films que je n'aurais jamais regardé et qu'on prend par la suite du plaisir à en parler, ce qui fut le cas récemment, lors de notre découverte respective de l'oscar du meilleur film étranger de 2007, « La vie des autres » du réalisateur Florian Henckel von Donnersmarck.

Gerd Wiesler est capitaine dans la Stasi, la police politique de la RDA. C'est un homme discret ,taciturne et méfiant, mais il est aussi le meilleur interrogateur de la Stasi. Une qualité reconnue parmi ses pairs et ses supérieurs, a un point qu'on s'adresse directement à lui pour une surveillance renforcée ou pour avoir son avis sur une personne. Le lieutenant-colonel Grubitz, une vieille connaissance de Wiesler vient le trouver lors d'un de ses cours et l'invite au théâtre le soir même. Sur place il en profite pour lui demander ce qu'il pense du créateur de cette pièce Georg Dreyman et Wiesler pense que cet homme cache quelque chose. Une opportunité pour Grubitz qui voit une occasion de se faire bien voir au près du ministre de la culture qui lui commande alors de surveiller promptement Dreyman. Une tache dont Gerd Wiesler va s'acquitter !

Bercé par une froideur clinique certainement chère a la défunte Stasi, le réalisateur Florian Henckel von Donnersmarck romance à sa façon une réalité qui n'a pas existé, pour mieux nous tromper et nous interroger, en laissant l'émotion émerger à la fin. Subtile, délicate et un brin poétique, ce film multi-récompensé (Oscar, César, Deutscher Filmpreis) est un drame humain touchant, doublé de plusieurs histoires d'amours !

Ecrit par Florian Henckel von Donnersmarck l'histoire prend des airs de « huis-clos » ! Le réalisateur prend alors le parti de nous mettre dans la peau de Gerd Wiesler et de nous faire ressentir la majorité des événements par ses yeux et surtout ses oreilles. Le sentiment de toute puissance est omniprésent au début et cela vient appuyer le titre français « La vie des autres ». On entend tout, du moment le plus trivial au moment le plus intime, sans que l'on nous voit. Tout puissant comme la police politique ou comme un être supérieur (symboliquement représenté par cet espace sous les combles au dernier étage de l'immeuble), le malaise s'installe progressivement, conscient que l'on est d'assister à quelques choses d'anormal. Mais si Gerd entend toutes les conversations, il entend aussi la musique et ça c'est l'un des éléments important du film. Parce que Florian Henckel von Donnersmarck se sert de la musique pour influencer son personnage, car au delà d'habiller son film, c'est un indispensable vecteur d'émotions, de force et d'idées qui peut bouleverser qui veut bien écouter.

Une émotion qui naît de par la musique, mais aussi par l'amour que Gerd portera à distance à Christa-Maria Sieland la chérie de Georg, ou par celui que cet auteur sous écoute lui porte, deux hommes différents, mais tout autant touché par une femme qui les émeut et qui porte en elle cette chose indicible qu'ils n'ont pas, la force de se débarrasser de leurs chaînes. Et le climax de fin porte formidablement l'interrogation principale du film, « Jusqu'à quel point peut on sacrifier de sa liberté pour se conformer à une idéologie ?». Le réalisateur n'apportera pas de réponse claire, si ce n'est de faire confiance à l'homme, avec ses défauts et ses qualités !

La réalisation de Florian Henckel von Donnersmarck est très classieuse, très élégante et il évite tout effet inutile. Les compositions à l'image sont claires, le cadre est clairement défini et on n'a pas de mal a suivre les différents personnages a l'écran. Et le montage assuré par Patricia Rommel est bon, les scènes s’enchaînent avec fluidité, passant de l'appartement au comble avec intelligence, ce qui assure le rythme du film avec précaution. On peut donc sans mal profiter de l'histoire et de ses nombreux ressorts, mais aussi de la sublime photographie de Hagen Bogdanski à la fois froide et pleine de chaleurs des que les personnages se laissent aller, ou encore la musique composée par Gabriel Yared et Stephane Moucha, excellente de bout en bout. La cerise sur le gâteau, c'est le casting ! Alors que ça soit Sebastian Koch, Martina Gedeck ou Ulrich Tukur, ils font le travail correctement, mais c'est bien Ulrich Muhe qui crève l'écran et qui nous transporte avec lui dans le froid de ses combles ! Un acteur investi qui nous fait s'attacher à lui malgré la dureté de son rôle et qui arrive avec énormément de finesse a briser ce masque de rigueur. Une performance de premier ordre qui capte sans peine la caméra, avec ce qu'il faut d'intensité et de contraste.

Une vrai perle, un morceau brut d'humanité !




Le jour où la terre s’arrêta

LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA de Scott Derrickson On ne peut pas dire que je n'étais pas prévenue. Le maitre des clés d...



LE JOUR OU LA TERRE S'ARRETA
de Scott Derrickson

On ne peut pas dire que je n'étais pas prévenue. Le maitre des clés de ce blog, m'avait dit à quel point ce film le laissait dubitatif. Mais j'avais envie de le voir, et de voir l'original des années 50 qui l'avait inspiré.

Un jour, un florilège de scientifiques sont réquisitionnés par les services secrets américains. C'est dans cette situation que l'on retrouve Hélène spécialiste de la vie extra terrestre. Une fois regroupés ils apprennent qu'une astéroïde est sur le point de percuter New York. Ce qui affole Hélène qui a laissé son fils chez sa voisine. Mais finalement, cette astéroïde se pose et en sort un extra terrestre. Évidemment tous s'affolent et les militaires présents sur site finissent par lui tirer dessus. Mais un contact visuel s'est établit avec Hélène. Il se retrouve à être soigné par les militaires mais sous sa ganse apparaît une forme humaine.

Frédéric ne m'avait pas mentiIl y a beaucoup de choses à dire.
Ce film est d'abord une nouvelle de Harry Bates, puis un film dans les années 50, donc s'il y a une chose qui aurait du être bien faite c'est le scénario, mais étrangement non.
La science fiction est un savant mélange entre des choses que l'on connaît et des paramètres différents. Mais dans tous les cas il faut que cela soit fluide et cohérent. ici du débout jusqu'à la fin ce ne sont que des situations mal ficelées et accolées.Il y a une scène d'ouverture complètement incohérente, qui à mon avis a juste pour but de nous expliquer pourquoi l'extra terrestre prend les traits assez canons de Keanu Reeves, mais qui au final nous laisse dubitatifs,et est définitivement lisible. tout est comme ça.
Les personnages sont mal écrits. Hélène est intelligente, mais pas futée pour deux sous. Elle entraîne son fils dans des situations super dangereuses, et surtout n'écoute pas ce qu'on lui dit.
Son fils est un stéréotype sur pattes. C'est tout ce que je ne supporte plus dans les films. Alors soit vous voulez montrer un enfant en plein deuil, très bien, mais que l'on arrête un peu de résumer ça par «c'est une tète à claques». Il est usant et du coup on n'arrive pas à avoir de sympathie pour ce petit bout. Le moment d'émotion devient le moment ou il appelle le visage féminin «maman», c'est mélo à souhait. C'est facile. Et ici c'est mal fait.
Bien évidemment les militaires et les politiques sont des grosses brutes, vraiment très bêtes, c'est super original, du jamais vu. Utiliser des clichés pour donner de la contenance voire faire un raccourcis c'est bien, lorsque c'est réfléchit! Ici ce n'est pas le cas.

La philosophie que sous tend le film, est qu'il faut protéger notre terre (un idéal écologique); ainsi que l'idée que l'on ne sait jamais ce que l'on peut faire ni combien on peut se remettre en cause avant que l'on est à le faire. Mais pour nous exposer tout cela les parti pris sont assez originaux. comme ne jamais réellement voir la nature et placer la majorité de l'histoire en ville. Ou lorsque Klaatu veut parler au dirigeant mondiaux à l'onu, et qu'il n'y arrive pas . Hélène l'amène voir un prix Nobel, car c'est lui le véritable dirigeant. Mais dans quel monde parallèle ce sont les intellectuels qui dirigent le monde. Et au cœur de l'histoire ce personnage n'a aucune importance. Mais une conversation et … une équation entre le scientifique et notre extra terrestre préféré suffit à le faire réfléchir.
Si toutes ces invraisemblances prennent une importance telle dans le film, c'est que c'est mal réalisé et mal filmé.
Alors oui Jennifer Conelly est très jolie, mais pourquoi est-elle la seule qui n'est pas filmée avec une caméra tremblante. Je crois que je n'avais jamais vu ça au par avant. L'image n'est jamais stable, à la fin le spectateur peut avoir le mal de mer sans problème.
Ensuite quels sont ces angles de vus? Pourquoi l'image n'est-elle jamais droite? Pourquoi l'image et le plan droit qu'elle contient forment-elle un angle à trente degrés? pourquoi ces couleurs sont-elles si laides? Et les effets spéciaux...ils ne sont vraiment pas aboutis. A l'exception de ces petits insectes qui eux sont drôles. Les acteurs font ce qu'ils peuvent, mais c'est pas gagné.

Jennifer connelly est engoncé dans ce rôle. Elle s’étiole et ne cesse de courir
jaden Smith, arrive à transformer ça bouille à bisous en tète à claques. John hamm ne sert à rien, mais il le fait bien. Kathy Bates, a un rôle sans nuances un moment insupportable de certitudes puis petites choses désespérée mais fière.
Le seul qui tire son épingle du jeu est Keanu reeves qui joue le film tel un roc, imperturbable dans ses habits d'extraterrestre « so smart ». son charisme pallie au manque d'épaisseur du scénario.


Ce film ne sera pas mon préféré et je pense que l'on peut aisément oublier de le voir. Et j'avoue que j'ai nettement moins envie de découvrir celui des années 50

Panic Room

Meg Altman, la trentaine, a très mal vécu la séparation avec son mari et angoisse à l'idée de devoir élever seule sa fille Sarah. A...



Meg Altman, la trentaine, a très mal vécu la séparation avec son mari et angoisse à l'idée de devoir élever seule sa fille Sarah. Afin de commencer une nouvelle vie loin de ses craintes, Meg achète une immense et splendide maison située dans un quartier huppé à l'ouest de New York. Son ancien propriétaire y a fait construire au dernier étage une pièce de sûreté dans laquelle on peut se réfugier en cas de menace extérieure et rester enfermé de nombreux jours grâce aux provisions qu'elle contient. Cependant, Meg n'aurait jamais pensé s'en servir dès le premier soir.

Panic Room - 24 Avril 2002 – Réalisé par David Fincher

Coincé entre le culte « Fight Club » sortie en 1999 et le célèbre « Zodiac » en 2007, puissant polar a la réussite formelle indéniable, le huis clos « Panic Room » a du mal à exister. Moi même je ne l'ai regardé pour la toute première fois qu'il y a quelques jours, pas vraiment pressé il est vrai de découvrir un film dont on ne m'a que trop rarement vanté ses mérites. Et honnêtement,je regrette de ne pas l'avoir vu plutôt, car si ce n'est pas un sommet dans la carrière du brillant Fincher, cela n'en reste pas moins un film au qualité indéniable, qui sait toujours allez la ou on ne l'attend pas!

Meg Altman avec sa jeune fille Sarah viennent de trouver au cœur de New-York, le parfait petit pied a terre, une immense maison de maître ! Hall immense, trois étages, ascenseur, jardin et surtout une « Panic Room ». Cette pièce sécurisé permet aux occupants de la maison de s'y réfugier en cas d'intrusion et d'y rester en sécurité, le temps de prévenir les secours. Un lieu qui n'arrange pas l’anxiété de Meg, qui sort tout juste d'un divorce et qui doit en plus de reconstruire sa vie, assumer seule l'éducation de sa fille. Elle prend malgré tout possession des lieux et emménage sans cette demeure gigantesque, même si Sarah ne semble guère enchantée. Une fois couchée, le pire arrive, trois cambrioleurs forcent l'entrée de la maison, à la recherche d'un butin faramineux. Meg qui ne dort que d'un œil se réveille et voit que des hommes sont rentrer par effraction. Elle prend alors le partie de réveiller sa fille et de rentrer dans la « Panic Room ».


La « Panic Room » c'est une pièce de survie, mais c'est aussi d'une certaine façon la matérialisation notre zone de confort ! Cette zone ou tout se passe sans encombre, où on est pas bousculé et où l'on est maître de nos choix, un endroit rassurant dans lequel on peut se réfugier. Un peu comme lorsqu'on aime le cinéma par exemple, on apprécie certains films et on ne regarde que ça, en oubliant fatalement le reste. C'est ce qui m'est arrivé avec ce film de David Fincher « Panic Room », car je pensais naïvement que c'était un film dispensable, tout comme « Alien 3 » ou « The Game », alors qu'au final c'est peut être le film de Fincher qui m'a le plus surpris après Zodiac en 2007 …

L'histoire du film, écrite par David Koepp (Jurassic Park) se concentre sur une femme et sa fille, qui doivent se reconstruire après un divorce difficile. L'intrigue est simple et ne tourne pas autour du pot, première nuit sur place pour Meg et sa fille, trois hommes rentrent par effraction chez elle pour les voler! Seul point de refuge, une petite pièce inviolable où les hommes ne peuvent rentrer, mais où elles ne peuvent sortir, ni demander de l'aide. Tout s'articule par la suite sur la façon dont Meg va faire pour se sortir de là et passer la nuit. Un récit millimétré qui prend le contre pied de ce que l'on connaît, en donnant de la nuance aux deux camps (Meg : Jodie Foster; Burnham: Forest Whitaker) notamment et en faisant de Meg, une héroïne forte et badass !

Mais c'est aussi une allégorie a la fois réaliste et pessimiste du monde dans lequel vie une femme. Meg après son divorce, ne sait plus trop où elle en est et décide par nécessité de prendre un logement près de son ex-mari. Un logement trop grand pour elle a tel point qu'il en est oppressant, symbolisant l'emprise de son ancienne vie (ex-mari). Une intimité brusquement violée par l'irruption volontaire de trois hommes, l'obligeant a rester prostrée avec sa fille dans la « Panic Room », sans aucune échappatoire, ni moyen de faire appel à quelqu'un. Seul la communication avec les intrus est possible. Il n'y a aucune équité, ils sont tout puissants et elle n'a d'autre choix que de garder le silence. Puis dès qu'elles essayent, elle et sa fille de demander de l'aide, on les ignore, on ferme le store et quand elle arrive à avoir son ex-mari, il se révèle inutile et la met plus dans le pétrin que le contraire. La seule façon pour Meg de sauver sa fille et de se sauver elle, c'est de se débrouiller seule, quitte à tuer ses agresseurs ! Pourquoi ? Car dans le monde ou elle vit, on ne l'aidera pas ou si on l'aide, il sera trop tard …

Dans son genre, c'est un excellent exercice de style, qui certes ne plaira pas à tout le monde, mais qui a le mérite de proposer quelque chose d'original, notamment dans la forme. C'est un implacable huis clos que David Fincher met en scène, bien rythmé, avec une gestion du suspense millimétré, avec moult plans séquences et mouvements de caméras ingénieux, plein de sens; mais surtout c'est le premier film entièrement prévisualisé par ordinateur et c'est ce qui lui a permis de faire tout ça ! De passer à travers les murs, les portes ou les cafetières et d'apporter du mouvement dans un espace profondément cloisonné. Ce qui apporte un surplus de sens à ce que l'on voit et que l'on ressent ! La photographie que l'on doit à Conrad W. Hall et Darius Khondji, est bien travaillée, rappelant même pas instant celle de « Seven », sombre et terne pendant la nuit, avant de s'éclaircir ici sur la fin et devenir plus chaude dans l'épilogue. On peut même ajouter la belle partition de Howard Shore qui contribue à merveille à l'ambiance tendue que Fincher créé peu à peu!

Le casting n'est pas en reste et se révèle lui aussi très bon ! Premièrement, on trouve Kristen Stewart dans l'un de ses premiers rôles, une jeune actrice qui montre déjà un fort caractère et une capacité de jeu assez grande pour son age. Si ce n'est pas le premier rôle, ça m'a suffisamment impressionné pour voir d'autres films avec Kristen Stewart. Ensuite chez les méchants on commence avec Dwight Yoakam, cagoulé pendant 90% du temps joue l'ordure de base, froide, cynique et sans âme, qui laisse apparaître au détour d'un twist son visage le plus dur, sacrifiant l'un du trio qu'il forme avec Jared Leto et Forest Whitaker. Fincher retrouve Jared Leto pour la deuxième fois après Fight Club et semble apprécier le malmener, si je trouve le rôle cliché, l'acteur se l’accapare avec enthousiasme et en fait un leader aussi foufou que prévisible. Puis il y a Forest Whitaker (Mon gars sur comme dirait certaines personnes) dans le rôle du troisième bandit, posé, réfléchi et intelligent, il ne semble jamais se laisser gagner par l'émotion, ce qui n'est jamais réellement le cas avec cet acteur, qui transpire la sympathie et le respect d'autrui. Il joue avec intensité et ne se départie pas de la sensibilité qui l'anime. Un adversaire parfait pour Jodie Foster ! L'actrice est épatante du début à la fin, avec une palette de jeu aussi large que la maison est immense et que l'on voit se transformer peu à peu en une vrai guerrière ! Elle nous transporte dans son sillage, avec ce qu'il faut de force et de sincérité pour que l'on sente tous ce qui l'anime.

Une petite perle que je vous conseille fortement !




Le Château de l'Araignée

LE CHATEAU DE L'ARAIGNEE d'Akira Kurosawa je ne sais pas pourquoi, mais dès qu'à la maison on regarde un film avec de...


LE CHATEAU DE L'ARAIGNEE
d'Akira Kurosawa

je ne sais pas pourquoi, mais dès qu'à la maison on regarde un film avec des samouraïs, shoguns ou autres rônins j'ai à nouveau six ans. Je ne me souviens pas d'où ça vient. Je me souviens en avoir vu petite, mais je ne sais plus dans quel contexte. L'idée de découvrir celui-ci a été source de grande excitation. Et il a pleinement satisfait la petite fille qui sommeille encore en moi, et charmait l'adulte.

Le film commence alors qu'une bataille fait rage. Le seigneur voit la défaite s'annoncer, son entourage et lui commencent à faire le compte de leurs vivres et se préparent à faire face à un siège. c'est là que des messagers arrivent et annoncent que le général Taketoki Washizu est en train de retourner la situation. Mais au moment de savourer leurs victoires et de se présenter devant leur seigneur, Taketoki Washizu et son compère le général Miki se perdent dans la foret et croisent un esprit qui annonce à Taketoki Washizu qu'il sera le seigneur, et à Miki que l'un de ses fils succédera à son ami.

Le titre original aurait du être traduit par le château de la toile d'araignée. Si j'ai décidé de faire aucun sarcasme sur la traduction. Il aurait été judicieux de le garder tel quel tant il reflète le sentiment d'inéluctabilité de l'histoire, les nombreux messages et niveau de compréhension de cette œuvre, ainsi que ça beauté et son parfait équilibre. Par quoi, commencer? Par ce qui saute au yeux dans un premier temps sa filiation avec Macbeth. S'il s'en inspire, ce long métrage transpose la trame dans le japon du XVIeme siècle. Mais s'il est facile de retrouver les personnages, l'histoire diverge pour nous parler du japon et du japon d’après guerre.

Kurosawa rajoute à ce savant mélange une touche de théâtre No, le théâtre traditionnel japonais. Il décide pour cela de reprendre certains de ses marqueurs forts. Le personnage qui en est le plus caractéristique, c'est le général Taketoki Washizu interprété par Toshiro Mifune. Il prend une démarche très stylisée quasi désarticulée qui répond parfaitement aux pantomimes des acteurs de No. La scène avec des flèches à la fin en est une vraie démonstration. Ce théâtre se jouait avec des masques, et les acteurs les réinventent. Mifune pendant tout le film joue avec son visage. Il tire ses traits, sa bouche semble démesurément grande, son casque de seigneur complète ce tableau et il créé un masque vivant. Lors de la scène du banquet, ou il joue sans son armure et son casque. Il interprète ce moment avec ses traits crispés à leurs maximums. Son visage change de forme, quant à sa bouche elle s'étire dans un hiatus proche de la douleur. Son épouse qui est interprétée par Isuzu Yamada revêt le maquillage si caractéristique des femmes nobles de cette époque le teint très blanc, les sourcils dessinés au milieu du front. C'est intéressant de voir comment ce maquillage qui est identique à celui dans Ran, créé une identité, c'est un vrai masque. Tout ceci est complété par les costumes, luxueux comme ils se doivent. Ils sont spectaculaires à l'image malgré le noir et blanc nous imaginons les couleurs et leurs nuances.

Le cinéma des années cinquante et soixante au Japon est assez caractéristique. Il souhaite reformuler l'identité japonaise après l'occupation américaine. C'est pour ça que toute une partie se passe dans une période glorieuse
. Ce film laisse une place particulière à la femme voire à une femme, à l'épouse du général qui deviendra le seigneur, la lady Macbeth de ce film Asaji, interprétée par Isuzu Yamada. Cette héroïne diffère de la reine d’Écosse en plusieurs points, le principal étant le coté manipulatrice et arriviste de la première. Ici, elle a un coté plus réfléchit. Le meurtre qu'elle ourdit n'est pas contre son mari, c'est avant tout car elle est sure que sa vie à lui est en danger. Qu'une prédiction divulguer au roi,serait synonyme de mort pour lui. Et que la seule manière de le sauver et qu'il réalise ce qu'on lui a prédit. Tuer, son seigneur. Acte le plus vil, dans cette société; alors qu'il est ce fier guerrier. Mais pour sa femme il n'y a pas de doutes, la loyauté que Miki envers lui, ne fera pas le poids contre celle qu'il a envers son seigneur et le profond sens du devoir qui rythme la vie de chaque Samourai. si le réalisateur arrive pendant un temps à faire flotter un doute sur sa motivation, des le moment ou elle se retrouve seule dans la chambre d'appoint de son époux qui ressemble beaucoup à l'anti chambre de la mort de celui-ci. Kurosawa tranche et montre sa vulnérabilité et donne un sens à ses positions. Les scènes ou elles se lavent les mains sont si marquantes que je pense que je ne pourrai jamais les oublier. Elle dit beaucoup sur la place de la femme, à cette époque. Sur son rôle de femme de l'ombre qui est là pour soutenir son mari, et pour arranger les choses quand rien ne va. Jusqu'au sacrifice ultime. Mais elle est aussi insoumise dans ses positions, quasiment une combattante ce qui est tout à fait inhabituel. 

Le choix de l'actrice la merveilleuse Isuzu Yamada, est un symbole en soi. Avant tout elle est une actrice extraordinaire. Elle est expressive, malgré l'épaisse couche de maquillage qui couvre ses traits. Elle n'est qu'émotion, et aussi bouleversante qu'effrayante. Mais c'est surtout une femme forte et terriblement actuelle. Fille de geisha, elle s'est affranchie de tant de choses pour devenir qui elle était. Elle a toujours eu des choix artistiques courageux, et a pendant des années été black listée par les studios sous la pression du pouvoir américain, elle a rebondi au théâtre et a la télé. C'est un symbole pétri de talent que Kurosawa met en scène poussant un peu plus loin le message qu'il veut passer.

Il complexifie aussi le personnage du général. En le mettant devant le dilemme de réaliser ou non la prophétie. Il pause la question de ce qui prime sur l'autre. Au final c'est l'homme qui tue. La seconde intervention des esprits stigmatisant parfaitement qu'elle est la position du réalisateur sur leurs influences. Il ouvre aussi une notion que je ne veux pas dévoiler car elle est une des notions qui fait évoluer Taketoki Washizu. Ce thème rajouter à ma manière dont Miki accepte de ne pas se poser de question voire de l'aider à l'accession au trône. Positionne ces hommes de manières à ce que quelque chose vienne primer sur leurs loyautés. Cette complexité les rends plus humains mais aussi hiérarchise les priorités.

La réalisation est de toute beauté. Il construit son château sut les pentes du mont fuji. Alors ça a été compliqué pour lui. Mais qu'est ce que c'est beau, pour nous. Ce décor fantastique, cette foret frémissante et cette brume ou brouillard , je ne sais comment le décrire qui les grignote. C'est magique, et nous n'avons pas de peine à croire qu'un esprit niche dans les bois. Le film se termine sur deux scènes extraordinaires de beauté, une ou Toshiro Mifune fait étalage de son talent avec de vraies flèches, je vous laisse la découvrir. Mais lorsque l'on y repense c'est inconcevable.
La seconde est une scène avec les arbres et un mouvement particulier. Ça en est hypnotique. Kurosawa substitue cette scène pleine de magie bucolique , à une césarienne dans la pièce de Shakespeare.
La composition de l'image est un pur plaisir, il y a toujours un sous texte . Elle est pensée avec minutie. Les décors intérieurs sous des airs relativement dépouillés sont riches.
Nous avons eu la chance de voir le film édité par Wild side. La restauration effectuée par Carlotta film est somptueuse. Elle donne au film profondeur et un coté brillant qui renforce les contrastes et les choix d'Akira Kurosawa.
Je vous ai parlé des deux acteurs principaux mais je me dois de citer Minoru Chiaki. Il est l'un de mes acteurs préférés dans la constellation qui gravite autour d'Akira Kurosawa. Il est toujours juste, peut interpréter n'importe quel personnage sans jamais se départir d'une dose de bienveillance et d'une bonhomie. Il est ici un contre poids, au coté maussade de l'histoire. Il est un personnage solaire.

Je pourrai encore écrire longtemps sur ce film, tant tout est beau et parfait. Mais je vous ennuierai, alors regardez-le


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