Central Intelligence

After he reconnects with an awkward pal from high school through Facebook, a mild-mannered accou...


After he reconnects with an awkward pal from high school through Facebook, a mild-mannered accountant is lured into the world of international espionage.

Central Intelligence – 24 Août 2016 – Réalisé par Rawson Marshall Thurber

Au cinéma, la saison des blockbusters est clairement ma préférée ! Et bien qu'avec les années on ne peut vraiment plus lui assigner une durée précise, elle reste source intarissable de divertissements de plus ou moins grandes qualités. Sauf qu'il y a des années de merde et 2016 en fait hélas partie. Je n'ai personnellement pas vu un seul blockbuster qui ait totalement comblé mes attentes. Et c'est assez rare, car je suis bon public. Il ne me restait donc qu'a me rabattre sur des films que je n'attendais pas particulièrement comme « Central Intelligence » avec « The Most Electrifying Man in Sports Entertainment » Dwayne Johnson.

Le lycée n'est pas forcément un moment facile à passer, on fait soit partie de la masse et l'on reste incognito, soit de ceux qui ne vont pas dans le moule que le lycée vous dicte, ou encore on fait partie des gens populaires. Pire encore, le lycée a ses célébrations, comme le jour ou la star du lycée Calvin Joyner « The Golden Jet » célèbre devant tout le monde, la fin de l'année qui approche, en promettant à chacun un avenir radieux. Hélas l'un des élèves n'a pas cette chance, Robbie Wierdicht est prit a partie par une bande de harceleurs qui l'humilie en public en l'amenant et en le projetant nu au milieu du gymnase, la ou se trouvait tout le lycée en pleine célébration. Humilié, rabaissé et raillé seul Joyner ne rit pas et tend sa veste à Robbie pour qu'il se couvre, sauf que le mal est fait. Vingt ans plus tard « The Golden Jet » n'a pas la vie qu'il aurait espéré, il n'est qu'un simple comptable parmi tant d'autre et a abandonné tout rêve de grandeur, de plus la réunion d'anciens élèves à venir le stress énormément. Mais une tornade qui s'appelle Bob Stone va débarquer dans sa vie, un Bob qui n'est autre que Robbie Wierdicht, l'ancien élève persécuté et obèse est devenu un agent secret incontrôlable.

Au final « Central Intelligence » fut l'une des bonnes surprises de cette année ! Un film sans prétention qui fait énormément de bien au milieu d'une industrie du divertissement qui se prend un peu trop au sérieux et qui devrait sincèrement se remettre en question. Ici le film joue la carte de la simplicité totale en créant un énième buddy-movie avec les codes inhérents au genre. Certes cela ne surprendra que les gens qui n'y sont pas habitués, mais ainsi fait, il se place comme l'un des rares films estivaux qui n'est ni une adaptation, ni un remake ou un comic-book movie et ça c'est très fort.

Ensuite si on se penche sur l'histoire, elle n'est pas non plus un monument d'originalité. L'histoire d'un agent secret incontrôlable qui embarque une personne qui n'est pas concerné, c'est un grand classique. Et avec une meilleure écriture le film aurait pu éviter quelques longueurs, ainsi que des rebondissements prévisibles a des kilomètres à la ronde. Mais ce qui m'a plu, c'est cette volonté de s'adresser à tout le monde sans distinction, les plus grands pourront s'amuser des prouesses de Dwayne Johnson, quand les plus jeunes seront intrigués par les capacités extraordinaires de cet agent un peu naïf mais terriblement imposant. Et c'est en jouant sur ces deux curseurs, que le réalisateur raconte une histoire au élan cartoonesque, avec des gimmicks surréalistes, des actions folles et un agent secret digne des plus grands magiciens tant sa capacité a disparaître et a réapparaître semble sans limite. Rawson Marshall Thurber prend aussi son temps pour développer son histoire, en définissant et en caractérisant ces personnages aux mieux , l'introduction est d'ailleurs très efficace dans son genre et pourra réveiller chez certains quelques mauvais souvenirs.

Si l'histoire m'a séduit de par son traitement, la réalisation de Rawson Marshall Thurber m'a un peu plus refroidi. Bon cela ne manque pas de dynamisme, mais bien d'un soupçon d'imagination et surtout de lisibilité ! Et c'est dommage, car il n'y a pas non plus une dizaine de scènes d'actions à chorégraphié. Mais le point fort évident du film, ce sont ces personnages. Deux archétypes pas si classique, car ils confrontent deux mondes qui n'ont rien a voir, le monde des teen-movie et celui des films d'espionnages ! On a donc la star du lycée qui mène une vie quelconque, quand l'ex adolescent obèse et tourmenté devient une montagne de muscle au service de la cia, ce qui crée une opposition classique avec une dose d'humanité qui les rend éminemment sympathiques. De plus le film n'hésite pas à jouer du statut d’icône publique de Dwayne Johnson pour instiller une bonne dose d'auto-dérision.

Quant à la réelle surprise, selon moi, c'est d'avoir su aborder le sujet du harcèlement scolaire dans une comédie d'action comme celle-ci. Car on ne demande pas a ce genre de production de s'engager ou encore de donner une quelconque leçon de vie, mais ce n'est pas le cas ici. Sous le spectre de la comédie, le réalisateur montre lors de l'introduction une scène de harcèlement humiliante. Il illustre ainsi l'isolement des personnes harcelés, tout le monde rigole dont le proviseur sans voir les dégâts que cela génère à court terme, comme le décrochage scolaire (le personnage de Bob Stone ne revient plus au lycée après ça) ou a plus long terme, avec les angoisses ou encore la peur du regard des autres. Et si l'épilogue plein de bons sentiments prête à sourire, le film permet au moins de mettre en lumière un réel problème de société qui touche des milliers d'adolescents dans le monde. 

Que l'on soit clair, ce film n'est pas un chef d'oeuvre et il ne traversera certainement pas les ages. Cependant "Central Intelligence" est une sympathique comédie d'action sans prétention qui vous fera passer un bon moment. Toutefois si vous etes allergique aux deux acteurs, n'y pensez meme pas !


L'Odeur de la papaye verte

L’ODEUR DE LA PAPAYE VERTE - 8 Juin 1993 - Réalisé par Tran Anh Hung Il y a quelques semaines, j’a...


L’ODEUR DE LA PAPAYE VERTE - 8 Juin 1993 - Réalisé par Tran Anh Hung

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré la magie de Tran Anh Hung. J'ai aimé, adoré encensé a la verticale de l'été ,alors j'ai voulu voir tous ses films. J'ai suivi les conseils et j’ai commencé par le doux et langoureux “l'odeur de la Papaye Verte".

L’odeur de la papaye verte est un film sur les femmes. Dès le départ nous mettons nos pas dans ceux de Mui. Une magnifique petite fille d'une petite dizaine d’années qui prend les traits fins et délicats de la très jolie Man San Lu. Elle a fait une journée de marche seule avant d'arriver, sous la pluie et au son de la cithare , dans une grande maison de Saigon, on est en 1951. Comme je l’avais vu faire dans à la verticale de l'été. Le réalisateur ne cherche pas à installer son personnage. L’histoire et en « prise directe» et ne nous distille ce que l’on a besoin de savoir au grès du film. Cette histoire, celle d'une enfant placée comme petite bonne dans une famille en deuil, aurait pu être banale, lourde ou emprunte de mélodrame mais Tran anh hung utilise tout son art pour jalonner son récit de symboles. Ils marquent l’évolution de Miu avec onirisme et élégance. Il choisit d'abord de petits animaux pour l'accompagner qui sont autant de métaphores. Tout commence par les petits criquets dans une jolie petite cage qu'elle semble avoir construite elle même, qu’elle élève avec amour et amusement et dont la musique rythme sa vie. Criquets qu'elle laissera lorsqu’une fois adulte lorsqu'elle devra partir et changer d’employeur. Puis ce sera un petit crapaud qui la fascinera, crapaud qui deviendra une magnifique petite grenouille verte et lumineuse à la fin de l’histoire.

Les costumes ou leurs absences prennent une place aussi particulière. il marque évidemment les changement de l’héroïne, mais aussi l'évolution d'une époque, le point de bascule d'une société. Les chaussures en sont l'exemple le plus fort. Au début du film seuls les hommes en porte, même la «maîtresse» de Miu, traverse sa vie pieds nus. Elles se généralisent plus tard, avec l’apparition des épouses des fils, qui ont une silhouette plus contemporaine, plus “occidentalisée.” elles font partie intégrante d’une panoplie avec rouge à lèvres, robes “vintages” aux couleurs improbables, et coiffures très recherchées. Tout cela semble très étranger à la jolie Miu. Le réalisateur film avec grâce les moments ou elle essaie des chaussures. Si elle a quelque chose de cendrillon quand elle essaie celle de la fiancée de son nouvel employeur, ça se rapproche plus de la danse des petits pains lorsqu'elle enfile celles de ce derniers. Tout cela agrémenté avec une dose de sensualité inhérente à ce réalisateur. Il va de même lorsqu'elle découvre un rouge à lèvres, ou au moment ou elle l'essaie. Tant de naïveté, de beauté, et de candeur dans une même image. Tout cela en montrant cette jeune femme commençant à se découvrir. C'est trop beau pour mon petit œil de spectatrice.

Puis il y a les cadeaux et l’amour l’un et l’autre intrinsèquement mêlés. dans cette histoire l'amour doit être prouvé et montré. Il y a l’amour immédiat et maternel de cette femme “la maîtresse” pour cette enfant solaire qui vient travailler chez elle. Enfant qui jamais ne se plaint et qui affiche un magnifique sourire. Cet amour qui l'amènera à lui offrir, juste avant que Mui soit envoyée travailler ailleurs, ce qu’elle aurait légué a sa fille morte bien avant l'arrivée de l'enfant à son service
Puis il y a l’amour d’un homme, de son homme. Cet homme qui lui offre la connaissance, lui apprenant à lire en plus d'une autre vie


Cette histoire n’est pas que celle d’une fille. Le film esquisse aussi un tableau plus large. Celui de la vie des femmes à cette période. Avant même d’être nivelée par l’argent la vie d’une femme est assujettie au fait d'avoir un époux. La grand mère dont le mari est mort alors qu’elle était encore jeune passe sa vie recluse à l’étage à prier pour les morts de sa famille et à reprocher à sa bru les inconduites de son fils. De même la bonne, qui ne s’est jamais mariée ne sait pas si elle est jeune ou si elle est vieille. Et si la personne toute ridée qu’elle voit dans ses rêves est sa mère ou si c'est elle. La femme doit toujours reproduire un schéma. C'est aussi le cas de la mère de famille “la maîtresse” elle est celle qui ramène l’argent à la maison, elle a eu quatre enfants, gère le quotidien, et pourtant elle supporte et soutient un homme qui l’a trahi, l’a volé, et à provoquer la mort de sa fille.

L’espoir que les générations futures soient différentes n’est qu’illusoire. Lorsque le fils aîné est marié il garde la maison familiale est «la maîtresse» se retrouve à vivre recluse à l'étage. Son épouse est habillée différemment, mais elle se retrouve à faire tourner la maison de sa belle mère et son entreprise, alors que son époux ne semble intéressé que par la musique. C'est toujours la même histoire avec un contexte différent.

Les hommes sont majoritairement à l’image du père. Ils profitent de la vie et de leurs positions d’hommes très peu fiables. Ils apparaissent ou disparaissent ne tenant pas compte de leurs obligations. 

Puis il y a les autres. Ceux qui ont des sentiments. Le fils cadet Lam qui est le seul à essayer de réconforter sa maman. Touchant dans son mal être et dans sa solitude. Ou le meilleur ami du fils aîné, le nouveau patron de Miu, l’artiste. Dans ce que j’ai pu voir de l’œuvre de Tran Anh Hung, l’artiste est toujours un être à part. Et la il est silencieux, ne s’exprimant qu’avec son piano. Il semble étranger au monde où il évolue. Un extra terrestre en qui on place tous nos espoirs. Le prince des contes de fées.


Car si l’histoire de cette enfant est si touchante, c'est qu'elle a quelque chose des contes initiatiques de notre enfance. Mais à l’écran elle est magnifiée par son créateur. Même si je n’ai vu que deux films de lui. Il y a des traits qui reviennent tel une signature. le premier ce sont les thèmes qui affleurent: la mort le deuil, la manière dont on peut survivre à un enfant, et surtout on y parle de femmes. Dans ces films le rôle principal est tenu (ici dans la seconde partie, lorsque Mui est adulte) par Tran Nhu Yen-Khe. Peut on s’arrêter cinq minutes sur la perfection? Non seulement cette actrice à chaque fois que je l’ai vu m’a surprise par son jeu. Dans ce film en reprenant les mimiques de l’enfance pour s’approprier une partie de sa candeur. Mais aussi en donnant vie à un scénario plus que taiseux. Elle est la danseuse étoile de cette œuvre. Il n'y a qu’à la fin du film qu’elle dit plus de trois phrases à la suite. Et ce qu’elle énonce est un poème qui résume l’essence du film. Ajoutez à cela, son extrême beauté. Et vous vous demanderez pourquoi elle est si rare au cinéma.

Je disais que ce film est taiseux, mais il est fort. Très fort. Nous racontant une histoire, et la remettant en perspective à la fin par le poème. Le scénario redonne du sens au sens. J’ai tellement apprécié que j’aurai pu revoir le film de suite sous cet angle.

Ce film est taiseux mais pas silencieux car ce réalisateur à le sens de la musique et du son. J’aime tant l'écrin sonore dont il habille ses œuvres. C'est le bruit de l’eau qui coule ou de la pluie qui tombe, le son de la cithare du père de famille accompagné plus tard par son fils à la flûte, ou encore le piano de l’artiste seul moyen par lequel il communique qui soulignent l'action. Puis il y a les bruits du quotidien, qui rythment le film. Le bruit des couverts des plats, et celui du gros couteau qui hache la papaye.


Mais plus que tout ce que j’aime c'est sa manière de filmer. Les déplacements chorégraphiés sur plusieurs plans, ce mouvement doux et perpétuel est très rassurant. Dans ce film la naissance d’un amour est filmé avec tant de pudeur. Il est esquissé en silence de manière toujours juste et sans voyeurisme. Avec des métaphores toujours si subtiles qu’elles ne prennent tout leurs sens que plus tard.

Ce film est à l'image dont Tran Anh Hung filme ses personnages. Il est délicat, on sait qu’il y a un travail fou pour avoir filmé comme cela, on sait que ça ne peut pas être une heureuse coïncidence, mais c'est tellement beau que la seule chose que l’on retient est ce sentiment d’émerveillement.
La constante lorsque je parle de ce réalisateur, est mon sentiment de ne pas avoir su parler assez juste pour retranscrire la beauté de son film. L’odeur de la papaye verte, est un film magnifiquement beau. Il ne m’a pas impacté comme l’avait fait à la verticale de l’été. peut être est ce parce que ce dernier avait l’avantage d’être mon premier rendez-vous avec l’artiste.

Mais il confirme toute l’admiration que j’ai pour Tran Anh Hung,et il est un film que je vais voir et revoir….


La Momie (1932)

Dans l'Egypte ancienne, le grand prêtre Imhotep a été enseveli vivant pour avoir volé un manu...


Dans l'Egypte ancienne, le grand prêtre Imhotep a été enseveli vivant pour avoir volé un manuscrit qui devait ressusciter sa belle. Découvert sous forme de momie par un archéologue, rendu à la vie, il monte une expédition pour retrouver la tombe de sa bien-aimée. Mais celle-ci s'est réincarnée en jeune femme moderne, et il lui faut la conquérir.

La Momie – 22 Décembre 1932 (U.S.A) – Réalisé par Karl Freund

Tout comme Dracula, l'Homme Invisible, Frankenstein, La créature du Lac Noir ou encore le Loup-Garou, la Momie fait partie des « Universal Monster » de chez … « Universal » ! Ils exploitent ainsi depuis presque cent ans, l'image de ces monstres pour en faire des films d'épouvantes. Mais pour ma part j'ai découvert cela avec la trilogie au combien inégale inaugurée en 1999 par Stephen Sommers que j'apprécie beaucoup. Et dans son style, il se révèle être une relecture fort honnête du mythe.

Un mythe qui va connaître une nouvelle version en 2017, avec Tom Cruise et cela dans le cadre d'un futur univers partagés ou tous les monstres d'Universal seraient là. Il était temps de se pencher sur le premier film qui met à l'honneur « La Momie », la version de Karl Freund avec Boris Karloff.

La Princesse Ank-Souh-Namun est à l'agonie et elle attend patiemment la fin. Autour d'elle on s'affaire pour préparer sa momification, pendant qu'elle reçoit la visite du grand prêtre Imhotep. Tout deux s'aiment en secret et leur future séparation est une tragédie qu'Imhotep ne peut supporter. Il tente ainsi de la ressusciter, mais c'est une pratique interdite qui lui vaut d’être maudit et momifier vivant. Bien des années plus tard, à Thèbes, un archéologue et son assistant découvrent le sarcophage d'Imhotep. Ils découvrent aussi un coffret ou une malédiction est apposée. Une menace que le médecin et l'archéologue ne prennent pas pareil, le premier ne veut pas l'ouvrir quand l'autre se laisse la réflexion de le faire.

Sauf que l'assistant lui passe outre l'interdiction et l'ouvre. Et il découvre le parchemin de Thot qui permet de ressusciter les morts. Hélas trop excité par cette découverte, il lit le parchemin et la créature s'éveilla …

Le résultat final est assez inattendu ! « La Momie » est un bon film, mais pas vraiment la ou on l'attendait, car il a perdu pour moi l'aspect « frisson » la ou le romantisme suranné de l'histoire fonctionne encore admirablement bien. Et on doit la création de ce nouveau monstre a Carl Laemmle Jr qui vit dans la découverte du tombeau de Toutankhamon en 1922 une opportunité de compléter sa galerie aux monstres. Ce qui ne posa aucun problème au scénariste John L. Balderston qui est en plus un passionné d'histoire.

Il nous concocte ainsi l'histoire d'un amour éternel entre une momie et la réincarnation de l’être cher. C'est simple, mais tellement efficace dans le fond, car ou l'on croit qu'il va être un instrument de mort, il ne cherche qu'a retrouver celle qu'il aime. En témoigne la séquence de sa résurrection ou lors d'un habile montage, on suit alternativement l'archéologue et le docteur débattre sur l'avertissement qu'il y a sur le coffret (malédiction) puis son assistant qui est irrémédiablement attiré par le contenu du coffre jusqu'à la résurrection de la Momie d'Imhotep ! Une fois en vie, on ne la voit pas, on la devine et le stress n'en est que plus grand, pourtant son seul but, c'est le parchemin de Thot qui donne la vie et non ceux qui ont ouvert le coffre …

Karl Freund se défait ainsi en une séquence du sacro-saint mythe de la malédiction pour mieux lui tordre le cou et affirmer la direction de son histoire. C'est -à-dire le récit d'un amour impossible, malgré les sacrifices (la mort de certains personnages) de Imhotep/Ardeth Bay qui a vaincu la mort, le temps, mais pas le cœur de celle qu'il aimait ! Un amour contrarié qui en devient presque touchant de par l'abnégation d'Ardeth a vouloir qu'il se concrétise, un travail de deuil nécessaire pour la créature qui retourne au final à l'état de poussière.

Ceci dit cela reste un long-métrage assez inégal sur la durée pourtant courte de soixante-dix minutes. Certains choix fait par le réalisateur laisse perplexe et l'ellipse du début du film ne semble être qu'un vulgaire cache misère sur les limitations techniques de l'époque, comme le maquillage de la momie qui empêchait Boris Karloff de pouvoir jouer convenablement. Mais il soigne quand même sa mise en scène, qui suggère plus qu'elle ne montre en jouant subtilement sur la lumière, qui n'est pas sans rappeler ses illustres aînés (Fritz Lang, Murnau) avec qui il a travailler en tant que chef opérateur. Si le film se repose sur son réalisateur, il doit aussi beaucoup à l'impeccable prestation de Boris Karloff en tant que « Momie » ou sa voix et son corps sont au service de ce personnage si particulier. 

Pas mal pour une momie !

Independence Day: Resurgence

Nous avons toujours su qu'ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ...


Nous avons toujours su qu'ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l'ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l'extinction.

Independence Day: Resurgence – 20 Juillet 2016 – Réalisé par Roland Emmerich

Une part de mon amour pour le cinéma vient du premier Independence Day. Oui je sais, c'est un film de Roland Emmerich, un film très souvent détesté par le « vrai » cinéphile, pour reprendre les termes de certains. Je reconnais même que c'est assez paradoxal vu la qualité du film. Cependant il a su à l'époque charmer le gamin fou de divertissements que j'étais. Tout comme il a su éveiller cet intérêt très fort pour l'industrie des effets spéciaux. Et si une suite avait été annoncée quelques années après le premier, j'aurais été comme un fou, mais ça c'était avant …

Il y a 20 ans, la Terre a était attaquée par une flotte de vaisseaux extraterrestres. Un après l'autre ils ont pris positions au-dessus des grandes villes du monde en attendant de pouvoir frapper. L'humanité fut ainsi au bord de l'extinction. Mais c'était sans compter sur l'opiniâtreté de la race humaine a survivre. Et vingt ans plus tard, l'humanité est toujours là ! Elle a grandi, elle a appris et elle s'apprête à commémorer cette catastrophe. Sauf que la menace est toujours là, sourde, implacable et surtout inéluctable. Très vite un nouveau vaisseau arrive sur Terre, immensément grand, qui vient jouer le round n°2. Cependant les hommes se sont organisés, un système de défense planétaire a été crée et ils ont appris de la technologie alien, une humanité mieux armée s’apprête alors à vivre le plus grand de ses combats.

Au final c'est un film qui a autant d’intérêt que 2012, c'est-à-dire aucun ! C'est hélas l'une des manies du réalisateur de saboter certains de ses films en faisant une suite ou un film qui s'en approche, le tout en le voyant encore plus gros. C'était le cas lors de la sortie de « 2012 » qui était un gros délire potache à mille lieues de l'ambiance stressante du film « Le Jour d'Après » et malheureusement il remet cela avec « Independence Day: Resurgence ».

Le postulat de départ est assez efficace, on revient vingt ans plus tard, les humains ont acquis la technologie aliens, l'humanité est en paix. Sauf que la ou ça coince c'est après, avec l'invasion, car si j'apprécie l'aspect « match retour », on ne l’amène pas de la même façon que dans le premier ! Car cela ne peut pas marcher, ce n'est pas crédible et tous les gens présent dans le film passent pour des crétins. Sauf que je ne peux pas les blâmer, parce que Roland Emmerich remake tout simplement « Independence Day » premier du nom ! Alors, bien sur les effets spéciaux sont meilleurs et la technologie permet de voir toujours plus grand, sauf que toute la trame narrative est calquée sur celle du film de 96. On trouve pèle-mèle, des installations humaines perturbés par l'arrivée imminente des aliens, un signal aliens, les populations perdues sur les routes, la contre-attaque ratée et le climax dans le désert (Encore?), mais à cela, il faut aussi rajouter des plans similaires à ceux du premier, ainsi qu'un peu de fan-service qui put l'opportunisme à plein nez !

Hélas à trop compenser un script pantouflard, on perd cette dimension humaine que l'on avait dans le premier. Attention je ne dis pas que les personnages étaient mieux avant, juste qu'Emmerich avait eu l'intelligence de nous les présenter et d'en faire des personnages qui se dépassent devant l'insurmontable, des personnages humains. Ce qu'on ne retrouve pas ici, car ils ne sont que les sympathiques faire valoir des anciens personnages qui vampirisent le récit. Qui trouve la solution au final ? Qui ? L'inoubliable David aka Jeff Goldblum qui devient ici le cheat code le plus cool que l'univers est porté ! Quant au casting, il est assez décevant ! Bon le seul qui m'est sympathique, c'est Judd Hirsch qui retrouve le rôle de Julius Levinson avec beaucoup de simplicité et d'humanité, le seul qui joue juste, c'est dire la catastrophe … 

Une déception cosmique, meme si Roland Emmerich tease une suite qui donne envie.






Nosferatu

En 1838, Thomas Hutter, commis d’agent immobilier, quitte sa jeune femme Ellen pour le château...


En 1838, Thomas Hutter, commis d’agent immobilier, quitte sa jeune femme Ellen pour le château du comte Orlok dans les Carpates. Là-bas, Hutter découvre que le comte est en fait Nosferatu le vampire et est victime des morsures répétées du monstre. Celui-ci quitte son château dans un cercueil rempli de terre et, après un voyage en voilier au cours duquel il décime l'équipage terrorisé, va prendre livraison de sa nouvelle demeure, située face à celle de Hutter et Ellen…

Nosferatu – 4 Mars 1922 (Sortie Allemande) – Réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau

Parmi les monstres célèbres du Cinéma, celui qui me fascine le plus c'est le « Vampire ». Un mythe qui traverse les ages avec une facilité déconcertante. On ne compte même plus le nombre de déclinaisons, que cela soit au cinéma, à la tv, en jeux vidéos, en mangas ou encore en romans, le vampire à la cote ! Et Le dernier film qui m'est plu dans le genre, c'était « What we do in the Shadow » des néo-zélandais Taika Waititi et Jemaine Clement. Un film plein d'humour et de finesse, respectueux de la mythologie du vampire, avec quelques clins d’œil, comme avec le personnage de Petyr qui n'était autre que le « Nosferatu » de Murnau. L'un des innombrables classiques du cinéma d'horreur que je n'avais pas encore vu …

Au final on est très loin de tout ce que j'ai pu découvrir à ce jour. C'est plus sobre, moins violent, mais c'est certainement bien plus subversif qu'un grand nombre de film récent. Nosferatu est l'adaptation libre du roman « Dracula » de Bram Stoker. Parce qu'a l'époque du projet, ils ne pouvaient se permettre de payer des droits d'auteurs, mais malgré ça, cela n'a pas empêché Florence Stoker de leur intenter un procès pour plagiat. Ce qui n'a pas aidé le film à avoir une vie pérenne …

Mais c'est certainement ce qui lui a donné son aura si particulière. Ce récit gothique écrit par Henrik Galeen conte l'histoire d'un étrange triangle amoureux. Une histoire qui n'hésite pas à se servir du genre qu'elle conte pour mieux faire passer les sous-entendus sexuels impossibles à l'époque. C'est ainsi que le conte Orlock se substitue aux désirs des deux personnages que sont Hellen et Thomas, il est le centre de leurs attentions, de leurs attentes et il catalyse leur union. Une idylle pleine de retenue, ou seul les morsures du conte nous permettent d'en comprendre les tenants et aboutissants, comme l'amour qui les unis ou encore l'homosexualité de Thomas.

C'est un usage de la symbolique du vampire assez singulier et bien évidemment réussi. Ceci dit le film n’oublit pas d’être le récit angoissant que l'on a envie de voir, car il faut se l'avouer, de nos jours, cela ne fait plus vraiment peur. Mais Murnau sait mettre cela en scène habilement, il joue avec maîtrise sur le rythme et sur la tension inhérente qui se met en place peu à peu. Car il n'en oubli jamais tout le folklore associé au vampire, le château hanté, le cercueil, les traces de morsures ou encore son terrible pouvoir hypnotique, ce que Murnau distille progressivement. Jusqu'au final étouffant, effrayant et terriblement stressant qui nous vois, partager entre soulagement et tristesse devant la mort du conte !

Quant au casting, il tient en deux mots ! « Max Schreck » ! Ce comédien allemand qui a d'abord sévit au théâtre, impose une présence indéniable à l'écran. Son personnage au physique particulier lui va à merveille et film muet oblige, tout passe dans la gestuelle et les expressions du visage, ce qu'il fait à merveille ! Une prestation de qualité qui porte le film à lui seul sur ses épaules. On trouve a ces cotés Gustav von Wangenhein dans le rôle de Thomas Hutter, Greta Schroder dans celui de Ellen ou encore Alexander Granach dans celui de Knock … 

Un classique parmi les classiques ...



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