La Belle et la Bête

LA BELLE ET LA  BÊTE Jean Cocteau En 1946, Jean Cocteau réalise l’œuvre qui restera son plus grand succès au cinéma, La Belle ...



LA BELLE ET LA BÊTE
Jean Cocteau

En 1946, Jean Cocteau réalise l’œuvre qui restera son plus grand succès au cinéma, La Belle et la Bête. Ressorti en 2013 après avoir été restauré en 4K, c'est dans ces conditions que je retrouve un film qui m'avait fascinée alors que je n'étais qu'une toute petite fille. Et qui fut ma référence pour tous les films qui portèrent ce nom.


Est-ce vraiment la peine de vous raconter le début de la Belle et la Bête. Il est vrai que l'histoire varie au fil des adaptations. Celui-ci commence à la campagne, dans un lieu indéterminé. Un père, ses trois filles Félicie, Adélaïde, Belle et leur Frère Ludovic se sont réfugiés. L'homme est en faillite après que ses bateaux ne soient jamais rentrés au port. Ludovic qui semble indissociable de son meilleur ami Avenant, passe ses journées, à boire, jouer, et perdre l'argent qu'il n'a pas. Avenant est épris de la plus jeune des filles, Belle, mais celle-ci refuse ses avances à cause de la situation de sa famille. Un jour alors que les deux aînées se sont parées de leurs plus beaux atours pour aller chez une duchesse, le père rentre, un bateau est enfin arrivé au port. Des le lendemain il prend son cheval, pour rallier le-dit port qui se situe à plusieurs heures de routes. Chacun de ses enfants, lui demande quelque chose. Belle, demande une rose.

Ce film commence par le générique le plus charmant qu'il m'est été donné de voir. Sur un tableau noir, ou l'on aperçoit encore les dessins de visages, si caractéristiques de la partie dessinée de l’œuvre de Cocteau, il écrit nom de ses acteurs et des personnes ayant collaboré au film. Le premier est celui de Jean Marais, un homme dont on ne voit que la silhouette en contre jour, se détache, se lève. On reconnaît facilement l'acteur qui efface son nom, puis part. Chaque nom ensuite apparaîtra, écrit par l'artiste, dont l'écriture fait partie intégrante de son œuvre. Puis c'est autour d'un texte toujours écrit de sa main qui nous rappelle la manière dont enfant nous percevions les contes, et nous demande de nous remettre dans cet état d'esprit.
Ce magnifique générique à pour particularité de nous préparer à recevoir ce conte de fées
Je me souvient de l'intense plaisir que j'avais eu à le découvrir étant enfant, et je m'aperçois aujourd'hui à quel point il parle aux adultes aussi. Il est universel.

Il n'y a pas que le générique qui ancre ce film dans notre enfance. Quelle qu'elle soit. La belle est la bête, est un conte qui est dans notre patrimoine depuis le XVIIeme siècle. C'est une lumière, une femme, une journaliste,une écrivaine (la première que l'on pourrait qualifier d'écrivaine de genre). Madame Leprince de Beauvois, qui l'a écrit, lui et une soixantaine d'ouvrages de contes. Celui-ci a traversé les ages. Et on l'a tous lu, vu,ou entendu dans notre enfance. Et il nous y renvoi directement.
De même manière, le réalisateur utilise un référentiel, ou s'inspire d'illustrations de livres de contes de fées pour créer son univers. Il y a une réelle filiation entre les gravures de Gustave Doré et l'esthétisme qu'il a réussi à créer. C'est un artiste complet entre autre illustrateur, et graveur qui a
consacré une petite partie de son travail à illustrer des contes, tel que les nouveaux conte de fées de la comtesse de Ségure, ou les contes de la mère l'oye de Perrault.
La Bête ressemble à sa gravure «le chat botté»; la table où la Belle et la Bête se retrouvent chaque soir semble sortie de celle nommée «les fées»; tout comme la chambre de Belle qui ressemble beaucoup à celle de «de la belle au bois dormant». Ça lui permet de créer un monde extraordinairement riches en détails, cohérent, est aussi féeriques pour les enfants que pour les adultes.

Les décors gardent aussi cette inspiration et se complexifient.
La réalisation pose la question du décors est-il animé ou inanimé. Si tout ce qui se passe hors du château reste très cartésien. Et d'une lisibilité sans obstacle. Dès que l'on entre dans cette zone enchantée tout est différent. Des chandeliers qui ont la forme de bras humains, capables de vous indiquer une direction. Ils sont autant inquiétants que fascinants. Les statues et les colonnes ont des visages humains, où peuvent prendre vie si besoin. Le décors initie la magie qui se trouve dans le film. Mais les accessoires aussi, une paire de gants, un miroir, un collier. Il y a de la magie partout

Cette magie doit aussi beaucoup à ce que l'on appel aujourd'hui les effets spéciaux, mais qui portaient à l'époque le nom tout mignon de
trucages. 
C'est un éventail de diverses techniques, plutôt avancées pour la période. Sans pour autant cracher sur les plus simples comme au moment des téléportations, où les techniques utilisées sont un hommage aux films de Mellies. Les carnets qu'a écrit Cocteau autour de la création de ce film, témoignent de la réflexion qu'il y a autour d'eux voire de la machinerie. Mais il y a aussi des scènes montées à l'envers donnant un aspect surréaliste aux mouvements. Cocteau utilise une «fondue enchaînée» sur un visage. C'est 
quasiment du morphing en 1945. magique.

La bête est avant tout, le travail d'un homme. Celui de l'acteur Jean Marais . Il incarne plusieurs personnages dans ce
film. Mais pour celui ci, il se meut comme une animal sauvage, une scène ou il boit est vraiment bouleversante.
Je trouve que c'est une des bêtes les plus réussie. Le masque a été imaginé par un des perruquiers les plus prisé de Paris. Et il est complété par quatre heures de maquillage.
Les costumes ont été créés par la maison Paquin et Pierre Cardin. Ils sont nécessaires pour installer l'histoire et caractériser le moment du film où l'on se situe
Il est aussi très drôle de savoir, que le réalisateur voulait tant qu'il y est de la magie dans ce lieu, qu'il avait déposé des talismans dans le jardin où il filmait.

Les personnages sont composés avec beaucoup de soin, pour être fidèles à ce que sont ceux des contes, prenons l'exemple de notre personnage central. Prenons l'exemple de

Belle. Belle est ce que Roland Barthes appel un «être de papier». Quelqu'un à qui on peut s'identifier, elle est nommée par l'une de ses caractéristique. Par exemple, dans d'autres contes on nomme blanche neige en fonction de son teint; le chaperon rouge de son habit; Belle c'est sa beauté qui la caractérise. Cocteau pour créer sa Belle, s'inspire encore d'un tableau, celui de Vermeer la jeune fille à la perle. Dans les premières minutes du film, c'est avec une coiffure et un port de tète semblable au modèle que Josette Day apparaît.
Elle joue d'une manière très théâtrale qui convient parfaitement à cette situation. Ça lui donne une aura de princesse sans en avoir le nom.
Elle répond aussi à un autre critère tous
les héros ont des problèmes familiaux à la genèse de l'histoire. La faillite de son père, le comportement de ses frères et sœurs en sont la parfaite illustration. Et il va y avoir des épreuves à surmonter et ce sont elles qui feront d'elles ce qu'elle sera à la fin du film. Il est bon de noter, pour nous qui avons vu une ou plusieurs versions de ce conte qu'il faut se libérer de la vision Disney. Ce n'est pas un jugement de valeur. C'est juste que par certains aspects l'histoire est très différente. Et certains peuvent être déçus.

Ce film est une des pierres angulaire du symbolisme au cinéma. Il est cité comme son parfait exemple. Il insiste sur la thématique du double et des faux semblants.
Le réalisateur fait par exemple jouer à Jean Marais, Avenant, la bête, et le prince charmant mettant en exergue des lors que la beauté physique va parfois de paire avec la noirceur de l’âme. L'inverse étant vrai aussi. Et parfaitement illustré par le personnage de la bête.
La mise en abîme est encore plus puissante lorsque l'on sait que l'acteur était considéré comme le plus belle homme du monde à cette époque. Et qu'il était le compagnon du réalisateur. Ce que l’œil voit ne raconte rien sur la vérité du cœur
Si les traducteurs de contes de fées disent que l'image de la bête, représentait à l'origine la sexualité. Maintenant elle symbolise l'amour, et combien la force d'un véritable amour peut vous sauver, et vous transformer. Et ça prend un autre sens lorsque l'on sait qu'au début du tournage le réalisateur sortait de désintoxication. Sevrage qui avait été effectué, pour faire plaisir et aidé par jean marais.


Orson Welles dit de ce film qu'il est «un Ruban de rêves» et je ne pourrai jamais conclure aussi bien

Star Trek Generations

Il y a quatre-vingt ans, le capitaine Kirk disparaissait lors d'un combat suite à un appel de détresse : les Borgs avaient alors ra...


Il y a quatre-vingt ans, le capitaine Kirk disparaissait lors d'un combat suite à un appel de détresse : les Borgs avaient alors ravagé la planète El-Laurian et il ne restait plus que quelques survivants, dont le scientifique, Tolian Soran. Près d'un siècle plus tard, le capitaine Jean-luc Picard est aux commandes de l'Enterprise D et s'apprête à sauver de nouveau Tolian Soran. Ce dernier souhaite à tout prix retourner dans le Nexus, qui est en réalité la porte vers une autre dimension. S'il parvient à y revenir, c'est la destruction de deux systèmes solaire et la mort de millions de personnes assurée. Dans cette course contre la montre, le capitaine Picard va recevoir un coup de main inattendu...

Star Trek Générations - 22 Mars 1995 – Réalisé par David Carson 


Ce film c'est l'idéal pour vous donner envie de découvrir encore plus l'univers « Star Trek » car vous avez deux générations d'acteurs qui ont pris part à ce film. On retrouve ainsi une partie de l'équipe qui a débuter l'aventure en 1966 avant de continuer par les films 79, je parle ainsi de William Shatner, de James Doohan et de Walter Koenig qui reprennent ici leurs rôles respectifs de l'époque, à savoir celui de James Kirk, Pavel Chekov et Montgomery Scott (Scotty). Les autres n'ont pas voulu, pour un ce fut la santé qui l'en a empêché et pour les autres un scénario qu'ils ont jugés défavorablement. Puis il y a eu l'entré dans la danse du casting de la nouvelle série de 1987 avec en tete le talentueux Patrick Stewart, le Capitaine « Jean-Luc Picard » !

L'intrigue prend part au début, près de 80 ans avant que l'on retrouve l'équipage du Capitaine Picard ! On découvre les retraités Kirk, Chekov et Scotty qui sont invités à l'inauguration du nouvel « Enterprise », des personnalités de premier plan qui s’avéreront précieux. Lors de ce vol inaugural, le vaisseaux capte une transmission, un signal de détresse, pas équipé, le commandant ne veut s'y rendre, sauf que Kirk ne l'entend pas de cette oreille. Hélas lors de ce sauvetage, le capitaine Kirk sera porté disparu … Le Capitaine Jean-Luc Picard se trouve bien malencontreusement dans la même situation que son illustre prédécesseur, Tolian Soran sauvé par Kirk est à nouveau sauvé par Picard et il a le même objectif, retourner dans le Nexus, une dimension parallèle. Un souhait anodin ? Non, parce que cela peut coûter les vies de millions de personnes …

Le film réalisé par David Carson ne manque pas d’intérêts, ni de rebondissements, mais le plus intéressant reste la réflexion qu'amène « le Nexus » ! Ce que l'on peut considérer comme une dimension parallèle, est un lieu ou l'on peut avoir ce que l'on a jamais eu, une vie paisible, avec les personnes que l'on souhaitent et ainsi vivre « la vie » parfaite. Et cela pose la question de ce que l'on est et de ce que l'on aurait souhaité être, mais aussi la façon dont on souhaite le devenir, un questionnement portait par les personnages de Kirk, Picard et Tolian Soran. Ce qui nous amène au climax de fin, une « bagarre » à trois ou l'ancien et le nouveau s'associe pour sauver des vies innocentes, une séquence qui finit de sceller le passage de témoin entre les deux générations !

Film sympathique !




Le Crime de l'Orient-Express

LE CRIME DE L'ORIENT EXPRESS Kenneth Branagh Entre les innombrables romans et nouvelles écrites par Agatha Christie dont...



LE CRIME DE L'ORIENT EXPRESS
Kenneth Branagh

Entre les innombrables romans et nouvelles écrites par Agatha Christie dont le héros est Hercule Poirot, le meurtre de l'orient express est l'un des plus utilisés au cinéma et à la télé. J'adore les romans d'agatha christie, j'adore regarder leurs adaptations. J'ai lu ce livre, mais j'avoue ne pas m'en souvenir, j'ai vu la version de Lumet, et j'en garde un souvenir floue. Mais la version télévisée qui tourne autour d'un Poirot interprété par David Suchet (qui aura donné corps au héros belge dans toutes les aventures que lui a inventé l'écrivaine), version luxueuse, qui n'a rien à envier à un film «de cinéma» est très présent dans mon esprit, avec en prime la présence de la somptueuse Jessica Chastain dans le rôle que tient ici Daisy Ridley.

Poirot est en train de résoudre une affaire de vol à Jérusalem, quand on lui demande de rallier l’Angleterre pour résoudre un crime. Grâce à une connaissance,qui est le responsable de ce train, trop heureux de l'avoir à son bord, on lui dégote une place en première classe. Si pendant la première journée on découvre les personnes qui voyagent avec lui. Pendant la nuit suivante,un riche et désagréable marchant d'art est tué de douze coups de couteau, et le train est bloqué par une avalanche.
Cette histoire est de base très audacieuse, tant par sa richesse, son huit clos, son coupable, voire son épilogue. Et on sent la forte influence d'un fait divers qui a secoué l'opinion publique. A ma connaissance, c'est la seule fois que l'auteure le fit aussi clairement.
L'orient express est un train luxueux, où le voyage est autant une expérience, qu'un trajet. Il est plus qu'un décor, il est quasiment un personnage. Là il y a tout le coté luxueux, qui va de paire avec les personnes de bonnes compagnies. Mais on ne ressent pas le coté mythique du train, ni sa personnalité. Les décors sont justes fonctionnels.
D'autres sont vraiment too much. Je sais que l'on est souvent critique avec les écrans verts, mais là. Le coucher de soleil peint, comme les décors d'autrefois apportant une certaine poésie qui cohabitent avec les mauvais effets visuels d'une avalanche.Il y a un delta, qui est présent à divers niveaux pendant tout le film. Il m'a gênée de manière récurrente. Un peu comme un manque de cohérence.
Par exemple, vous êtes à bord d'un train, en Russie, la neige vous a bloqué. Il fait très froid, voire très très froid. Et Poirot,décide de prendre le thé dehors pour faire parler Mary. C'est tellement ridicule qu'il y a une partie de la scène où le personnage justifie ce choix. De même, toujours les deux mêmes acteurs se retrouvent dans un wagon de transports commerciaux, vides, pour parler. Alors visualisez. Les portes ouvertes sur les deux cotés du wagons; ça fait très joli avec le paysage peint derrière; ça ouvre l'horizon... mais c'est pas crédible pour deux sous. Le courant d'air devrait les congeler sur place, avec leurs petits manteaux et Mary en jupe. Que nenni ça s'installe et ça papote.

La réalisation aussi m'a posé question. On voit la volonté de Branagh d'alterner la manière de filmer en posant sa caméra de manière très classique, avec un cadre tout joli bien propre. Et puis d'un coup une fulgurance, une idée originale. Et il se sent obligé de bien la souligner pour que l'on comprenne ou qu'on la voit. Et je vous promets qu'au milieu du classicisme «branaghien» ça saute aux yeux. Par exemple il y a une scène dans un couloir, où ils sont filmés en hauteur. C'est sympa au début, mais ça s'installe et c'est tout sauf intéressant. Il y a aussi un moment où il positionne les personnages, comme dans la Cène de Da Vinci. C'est caricatural plus qu'autre chose. Ça en fait des tonnes.ici ça nous a fait rire.
Le casting et le scénario pour moi, sont encore la preuve de l'incohérence de ce film.
C'est un film avec un casting incroyable et dans lequel les personnages sont super mal écrits. Je me suis demandée s'il comptait sur ce que nous connaissions de ces personnages pour ne pas avoir à leur donner de la matière.
Prenons Jhonny Depp. Il n'a quasiment rien pour installer son personnage de sale type. Quelques lignes de textes qui sont assez incohérentes pour un homme aussi expérimenté, et qui sonnent faux. Alors oui en ce moment, il est le sale type par excellence Hollywood. Il a toujours ce jeu qui lui est propre. On l'aime ou pas. Mais c'est sur ça que s'appuie son personnage pas sur un scénario qui pourrait construire Ratchett.
Williem Dafoe est un acteur que j'apprécie, son personnage est bâclé. Il est stéréotypé de manière gênante, et comme toujours le film finit par justifier les choix scénaristiques, au lieu de nous parler personnage.
Penelope Cruz et Judith Dentch ont des rôles clés à divers niveaux, mais font surtout de la figuration.
Seules michelle pfeiffer et Daisy Ridley ont plus de place. Mais le plus souvent c'est comme sparing partner de Poirot. Elles sont aussi très charismatiques.
Le problème de ce film pour moi est l'omnipotence de Kenneth Branagh. Car si Poirot à une haute idée de lui même, il est entouré de personnes qui le rendent plus humain. Et là ce film ne parle que d'un acteur qui est en train de d'interpréter le détective. Une vraie partie de qui a la plus grande moustache. Ne rigolez pas. Si vous voulez voire, googler le personnage et ses interprètes. Et regarder qui à la plus grosse moustache.
Du coup le personnage change. Il devient élégant et svelte, alors que ce détective est petit est rond. Sachez le, Poirot ne se servira pas de sa canne comme arme, il ne partira pas à la course derrière un suspect (il en est incapable), il n'est pas imperméable aux balles. D'ailleurs je ne crois pas qu'un jour dans un roman, il en est pris une. Pour moi ces changements, cette volonté de le faire plus beau, plus jeune, plus grosse moustache.... parle du réalisateur plus que de la qualité de son film. Mais pour moi, qui adore ce personnage, ça me met dans une drôle de disposition pour le suivre. Surtout quand il ridiculise le détective en jouant de sa rigidité.
Mais ce n'est pas les seuls changements. On ne sait pas pourquoi. Le médecin du roman n'est pas le médecin dans le film. Et plein d'autres choses. Ça n'amène pas grand chose à l'histoire. Mais ils le font quand même.
Il y a une bonne idée. Il intègre un personnage noir-américain dans les années 30 Il y a des choses à raconter. Et même si le thème est juste effleuré, il est abordé sans faux détoures. En plus c'est l'un des personnages les plus cultivés, il est médecin. Le problème est qu'en recréant ce personnage il ne le font plus agir de manière cohérente, et à la fin c'est un chouia n'importe quoi. Et parallèlement ils développent un personnage germanique qui n'est qu'un stéréotype hyper gênant tout le long du film. Cela met en place un sentiment de malaise.
Je finirai par le discours sur la religion. Dans les romans Poirot est catholique. Il y transpose toute la rigidité qu'il peut mettre dans sa vie. Et là le scénario part dans un espèce de n'importe quoi, justifiant un épilogue qui est édulcoré dans le ton, par rapport à l’âpreté de l'original.

Ce film a de belles choses, il est pour moi cependant une démonstration des problèmes d'égo de son créateur. C'est pour ça que je vous conseillerai plutôt la version Suchet pour découvrir poirot.




Star Trek Nemesis

Jean-Luc Picard et son fidèle équipage font route vers la planète Romulus avec pour mission de rétablir les liens diplomatiques entre la ...

Jean-Luc Picard et son fidèle équipage font route vers la planète Romulus avec pour mission de rétablir les liens diplomatiques entre la Fédération et son ennemi juré, le peuple Romulan. Sur place, les passagers de l'Enterprise découvrent que le nouvel homme fort de Romulus, Praeter Shinzon, a éliminé une majeure partie du Sénat avec l'accord de son vice-roi. Deuxième surprise : Shinzon n'est pas un Romulan, mais un humain, jadis réduit à l'état d'esclave, puis cloné à l'image de... Picard. Confronté à cette situation inédite, le commandant du vaisseau spatial devra mobiliser toutes ses ressources pour déjouer les plans de son double et empêcher l'opération de destruction massive dont Shinzon menace la Terre...

Star Trek Némésis – 12 Mars 2003 – Réalisé par Stuart Baird

Les seuls films ou séries que je n'ai jamais regardé avant ce film et qui commençait par « Star » c'était « Star Wars », « Stargate » le film et « Stargate » la (les) série(s). Il ne manquait que ça, la sacro-sainte « Star Trek » ! Étrangement, je l'ai toujours vu comme un univers peu accessible et surtout austère, le contraire à mes yeux de ce qu'étais « Star Wars » par exemple et depuis que j'ai découvert deux films « Star Trek » en une soirée, je regrette mon délit de faciès, envers ce monument de la SF parce que franchement, c'est plutôt cool !

En 2379, les membres du sénat impérial romulien sont assassinés par un étrange rayonnement qui les transforme en pierre. Loin de tous ça, le capitaine Jean-Luc Picard et son équipage, assiste au mariage de deux de ses membres ; Deanna Troi et William Riker ! Alors qu'ils font route vers une autre planète pour continuer les festivités, un signal est détecté de la planète Kolarus iii. Sur place, ils découvrent un prototype antérieur à la création de Data (Leur androïde) du nom de Proto. Et a peine ont ils le temps de se poser des questions sur ce « Proto » que Starfleet envoie l'enterprise sur la planète Romulus pour négocier un nouveau traité avec Shinzon, le nouveau préteur romulano-rémien. A la grande surprise de tout l'équipage, Shinzon est un humain …

Ce qui est dur au début, c'est de prendre littéralement le train en marche et donc d'avoir 36 ans de retard sur l'univers crée à l'époque en 1966 par Gene Roddenberry, ce qui sincèrement m'avait toujours refroidi. Malgré tout, ce film, ce 10 ème film « Star Trek » est très facile d'accès, si et seulement si, on accepte de ne pas tout savoir de ce vaste univers !

Le scénario du film est écrit par John Logan, un scénariste de renom (Grand fan de Star Trek) a qui l'on doit par exemple ceux de Gladiator (Ridley Scott), de Aviator (Martin Scorsese) ou encore ceux des deux derniers James Bond ! Il écrit une histoire ou la filiation sera le thème central, en faisant de Shinzon le double du commandant Picard (un plan qui devait a terme faire de lui le clone de Picard, pour mieux infiltrer Starfleet et les diminuer), une situation qui fait de lui son frère et son fils ! Picard devra faire face à ses propres démons intérieur pour appréhender au mieux son adversaire, qui le connaît presque mieux que lui même.

On rajoute à ça une intrigue politique, un complot, des batailles spatiales et on a un cocktail vachement sympa que Stuart Baird met en scène ! C'est un long métrage énergique, vivant et varié, notamment dans ce qu'il nous propose, des scènes dans l'espace ambitieuses, une poursuite au début, avec ce qu'il faut d'imagination pour ne pas se répéter. C'est a peine limité hélas par un budget modeste pour un film de ce genre, qui aurait du être plus conséquent afin d'avoir une œuvre plus aboutie. Ce qui m'a le plus gêner au final, c'est la prestation de certains acteurs, comme Tom Hardy, débutant à l'époque qui a tendance à en faire beaucoup trop ! Et comme une partie du film repose sur lui, cela devient vite handicapant ! 


Cool pour mon premier Star Trek ! 


Cloud Atlas

CLOUD ATLAS des sœurs Wachowski et Tom Tykwer Je ne devais pas écrire sur ce film . J'aimais beaucoup la critiqu...




CLOUD ATLAS
des sœurs Wachowski et Tom Tykwer




Je ne devais pas écrire sur ce film. J'aimais beaucoup la critique que le «key maker» de ce blog avait fait. Mais il pensait que je pourrai apporter un autre point de vue. J'ai accepté, car j'aime le travail des wachowski au delà du raisonnable. Mais je n'ai pas voulu laisser l'ancienne critique disparaître. Vous trouverez donc des morceaux de l'ancienne des critique dans celle-ci. Au final c'est notre premier travail à quatre mains.

Ce film est difficile à pitcher. Je dirai juste que l'on assiste à la vie d'Adam d'Ewing, de Robert Frobisher, de Luisa Rey, de Timothy Cavendish, de Somni-451, et de Zachri, différents destins entrecroisés, mêlés chahutés et portés par de mêmes sentiments à des époques différentes. on assiste aux mêmes combats, ceux pour la liberté, et celui du faible contre les puissants.
Ce récit est constitué de six histoires différentes avec des personnages différents, dans des périodes différentes. Elles ont pour particularité les acteurs, qui sont toujours les mêmes.
Ce long métrage est un petit prodige de technicitéIl est réalisé par trois personnes, dont chacun n'a réalisé que certains segments et pour autant il y a une cohérence et une continuité. A aucun moment on ne pourrait penser qu'il y ait autant de réalisateurs, et aucun des segments ne prend le lead sur les autres.
La principale raison est qu'ils jouent sur un même terrain, avec les mêmes règles du jeu.
Tout est fait avec soin. Certains passages nous font penser aux précédents travaux des wachowski comme la construction de l'image, leurs manières de filmer à travers des objets, de l'architecture, ou bien sure les scènes d'actions. C'est aussi magnifiquement souligné dans la gestion de la bande originale, à laquelle Twyker a participé.
Cependant ce film bien que fort visuellement n'a pas une identité aussi forte que bound, les matrix ou speed racer. Au contraire c'est plutôt une démonstration de talents et d'aptitudes. De la maîtrise des effets spéciaux complexes, aux plans larges magnifiques voire aux travellings sublimes, tout est maîtrisé et donne un ensemble cohérent. Les décors sont magnifiques, entre l’Écosse des années 30, le San Francisco des années 70 ou encore le Néo-Séoul magnifique de Modernité, lumineux et très froid.
Le travail sur le montage est énormeMême si un œil plus exercé percevra plus de choses que le mien. Cependant on peut dors et déjà noté plusieurs choses.
Ce film est tel la cartographie des nuages, je ne me prononcerai pas sur sa fidélité envers le livre dont il est tiré, écrit par David Mitchell, mais la
musique que le personnage de Robert compose. Il y a des moments, des morceaux d'histoire plus apaisés qui succèdent à certains qui s’accélèrent, le tout finissant par un moment optimal, qui s'ouvre sur une autre phrase musicale. Sur une autre respiration. Il n'y a jamais de temps morts. Il n'y a jamais de ventre mou, dans ce film. Le rythme n'est jamais réellement le même non plus. On ne peut jamais s'ennuyer sans pour autant pouvoir s'installer. Ce travail sur l'équilibre est essentiel.
Cela est rendu possible par les transitions qui nous permettent de passer d'une séquence à l'autre. C'est un travail fait avec finesse. Vous switchez tout le film d'une période A à une période B. périodes qui n'ont aucun points communs et qui ne se succèdent jamais dans le même ordre. Les cinéastes s'appuient sur des détails en commun pour passer de l'un à l'autre. Une musique, la pluie, un texte... des détails qui deviennent des vecteurs qui nous font quitter une partie du récit et nous dépose délicatement au chapitre suivant
Les sœurs wachovski et Twyker commencent leur film par une citation qui ressemble beaucoup une note d'intention. Sous la plume de Cavendish, apparaissent à l'écran les mots suivants «mon expérience en tant qu'éditeur m'a conduite à mépriser les flash-backs, les flash-forwards et tous ces artifices faciles d'écrivains. Mais je pense que vous êtes capable de suspendre vôtre patience quelques instants, vous réaliserez qu'il existe une logique à ce récit de fou». Plus que tout autre chose, c'est un mode d'emploi. L'état d'esprit dans lequel mous devons aborder ce film. Pour paraphraser un autre scénario je dirai «free your mind». 
Des citations il y en aura d'autres. Des petites balises pour nous dans ce film si riche surtout autour de l'art, et de son interprétation. Il y a du Nietzche et sa vision de la philosophie
comme un art qui est portée par Somni «Il n'y a pas de vérité , seulement des interprétation» ou Robert Frobisher qui alors qu'il compose dit «que les conventions sont faites pour être transcendées». Elles apparaissent comme une des composantes majeure de ce film, une partie de son manifeste.
les maquillages,ont un rôle différent dans ce film. Les Wachowski et Twyker soignent leurs personnages, on n'en vient à jamais reconnaître les acteurs d'un tableau à l'autre. Provoquant notre surprise dès que l'on reconnaît l'un deux. Allant jusqu'à pousser la transformation à son maximum, approchant du burlesque pour amener le décalage nécessaire dans l'histoire qui nous est la plus contemporaine. Mais elles choisissent aussi des maquillages plus
avant-gardistes faisant évoluer les morphologies avec le temps. Et elles s'en servent comme du langage dans l'une des parties de l'histoire. Pour matérialiser une évolution. Sans que l'on ne sache bien laquelle au premier abord, mais la rendant si présente que l'on ne peut l'ignorer.
C'est typiquement un film où il faut lâcher prise. Se laisser mener ou l'on veut qu'on aille. Si les transitions nous désorientent. Ce n'est qu'une partie de la mécanique mis en place pour nous perdre. Chaque histoire se passe à une année donnée. Sauf qu'elle n'ait jamais explicité. Alors oui dans la majorité du temps on met les pièces du puzzle à la bonne place,mais ce n'est pas le cas de toutes. Puis il y a les détails qui  apparaissent à différents moments, formant un lien ténu. Que ce soit une tache de naissance en forme d'étoile filante sur les personnages centraux du récit ou de petites choses
qui créées un lien, elles tiennent les spectateurs, car on ne comprendra le récit et ne découvrirons ce que le film veut nous dire qu'à la fin.
Les personnages ont un rôle central dans la construction du récit. Et comme tout dans ce film, c'est un peu plus riche que dans d'autres circonstances.
Chacun des personnages apportant ou illustrant une notion importante dans l’œuvre des wachowski. L'un des points le plus frappant étant la réincarnation. Si l'idée même de la réincarnation est évoquée ne serait ce que par les différents rôles que peut tenir un seul acteur. On ne peut passer à coté des similitudes que l'on voit dans les six histoires.
Commençons par les deux couples que l'on voit renaître encore et encore au fil du scénario. D'abord celui que
forme un Tom Hanks, multi facettes, et qui semble beaucoup s'amuser. Et une Halle Berry, qui déploie tout son talent et sa grâce pour illuminer et donner une autre dimension à ces couples. On peut noter une dynamique assez semblable. Elle est en quête. Il est sur son chemin. Il prend un risque pour elle. Et il va vers autre chose. Mais dans chaque histoire , lorsqu'ils ne se trouvent pas. Ils sont malheureux et lui au moment de faire des choix glisse immanquablement du coté obscur. Ils forment un ying-yang. C'est la somme des deux qui leur permettent d'avancer, de se transcender, voire seulement de prendre les bonnes décisions.
Le second étant celui formé par Jim Sturges, qui ici est toujours touchant et toujours très juste, et la tout aussi émouvante Doona Bae, qui est mon coup de cœur du film. Elle incarne brillamment la délicatesse et la force. Elle est sublime. Ce couple
montre à quel point un amour fort et sincère peut bouger des montagne. Vous transcender et vous rendre plus fort. Il vous rend capable de tout affronter. Ils forment le couple emblématique du néo-séoulIls sont incroyablement touchants. Il y a dans ce passage un des moments les plus sensuel et romantique que j'ai pu voir au cinéma.
Je ne peux que les rapprocher du couple que forment Ben Winshaw et James d'arcy. Qui incarnent l'amour interdit. Pour moi c'est l'histoire bouleversante de ce film. Elle noue nos entrailles. Les acteurs sont absolument bouleversant tant leurs jeux sont épurés. Ne mettant en valeur que la force de leurs sentiments. Ce couple et l'amour de Sixsmith pour Frobisher donne naissance à la «cartographie des nuages».
Ou comment transcender un interdit social par l'art, et en faire la plus jolie chose du monde
Pour moi c'est deux duos symbolisent ce que peut amener l'amour et ce qu'il révèle de nous et en nous.
D'autres acteurs ont des rôles beaucoup plus facile à décrypter. C'est ainsi que Susan Sarandon semble faite pour interpréter ces rôles. Elle est la caution spirituelle, quelque soit le moment de l'histoire. Voire la femme de la caution officielle mais en tellement plus efficace.
Keith David, tout charisme dehors, est le karma. Là pour aider lorsque l'on le mérite et quand on en a besoin. Il est porteur d'une vérité.
Hugh Grant toujours entre deux cabotinage est le visage policé du mal. Toujours avenant pour planter un couteau dans votre dos. Et ce sont les personnages interprétés par Hugo Weaving, toujours aussi génial, qui tiennent l'arme. Il est le bras armé.
David Ayani incarne les choix que l'on a à faire. Les grandes décisions de nos vies.
J'ai eu beaucoup de mal à trouver quelles valeurs et de quoi était porteur Jim Broadbent. Il est celui qui édite le récit, celui qui parois l'écrit, il est le capitaine d'un bateau, un prescient. Il est un vecteur de connaissance. Parfois bon, parfois moins.
Il y a énormément de thèmes abordés et je ne pourrai pas écrire sur tous. Mais ils se rejoignent tous dans une quette, celle de la liberté. Le droit d'aimer, de créer, de vivre, d’être égaux...
et si je me refuse de parler de la fin de ce film que j'espère que vous découvrirez. Je peux parler de l'amertume du constat que dresse les sœurs wachowski et Tykwer. On ne retient jamais les leçons du passé et peu importe qu'il y ait des hommes ou des femmes de bonnes volontés, le
progrès n'est pas garant de liberté et d'évolution. Mais que quelque soit ce qui se passera ces hommes et ces femmes trouveront le moyen de transcender les oppressions.


Ce film est d'une richesse infinie et d'un esthétisme léché, son scénario se tient, et pose énormément de question. C'est un film unique. Et un travail qui touche à la perfection

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